Ma préface du livre “HTML5, une référence pour le développeur web”
Le livre HTML5 de Rodolphe Rimelé, mon associé co-fondateur de l’agence Alsacréations va sortir dans les prochains jours.
J’ai pu observer ces derniers mois tout son enthousiasme, son perfectionnisme et son acharnement à fignoler son oeuvre. Au final, son ouvrage ne comportera pas moins de 624 pages tout en couleurs et, quoi qu’on en dise, deviendra une des meilleures références dans le domaine de HTML5.
J’ai eu la chance et l’honneur de rédiger la préface du livre, que voici :
Nous connaissons tous HTML plus ou moins intimement. Lorsque nous naviguons sur Internet ou que nous écrivons nos pages web, il reste fidèle à nos côtés, malgré les péripéties et déboires qu’il a subis. C’est qu’il en a connu des aventures ! Les derniers arrivés tels que Adobe Flash ou Microsoft Silverlight pensaient l’avoir enterré, en vain… On le retrouvait parfois sous les doux sobriquets de « DHTML » ou de « Web 2.0 ». Créé à l’origine pour tisser des liens et véhiculer du contenu de manière universelle, il se voyait dénaturé dans ses fonctions primaires, comme l’ont montré ses tableaux de mise en page, aujourd’hui diabolisés. À dire vrai et en y regardant de près, HTML a toujours été là, endossant loyalement son rôle d’ossature indispensable du Web.
À ses débuts, sa mission se limitait à structurer des contenus basiques, essentiellement textuels et scientifiques, ordonnés de façon rigoureusement linéaire et assez peu excitante, il faut l’avouer. Puis, au fur et à mesure de l’évolution des usages des internautes, HTML se diversifie, se renforce et s’adapte. Parfois avec un peu de retard sur les besoins, et malgré les batailles que se livrent les navigateurs.
La quatrième mouture de HTML, finalisée en 1998 – la préhistoire du Web, peut-on dire –, paraît bien désuète aujourd’hui, treize années plus tard. Il s’agit pourtant de la plus récente version finalisée ayant reçu l’adoubement officiel du W3C. Ce gigantesque retard accumulé durant ces dix dernières années tend enfin à se combler, petit à petit, grâce au développement et à l’implantation de la version 5 du langage, tant attendue. Aux bons et loyaux services de HTML 4, se substituent de riches univers adaptés aux besoins et usages d’un Web moderne, varié, rapide et mobile.
Nouvelles balises, nouvelles technologies, formulaires avancés, outils multimédias, adaptation aux supports nomades et applications performantes : autant de nouveaux mondes offerts par ce nouvel opus en voie d’adoption. Même si HTML 5, sorte de nouveau « Web 2.0 », est censé annoncer le Web de l’avenir, dans la pratique, ses fonctionnalités répondent tout simplement aux attentes des internautes. L’usager peut enfin profiter de la lecture audio ou vidéo sans plug-in additionnel, trouver un hôtel ou un emploi proches grâce à la géolocalisation (qui pose certes quelques questions de privauté), bénéficier de support hors-ligne lorsque sa connexion est défaillante ou qu’il se déplace, profiter de fonctions de glisser-déposer, de stockage intelligent ou des web-workers, ces travailleurs de l’ombre qui permettent d’accélérer les performances en parallélisant le traitement des ressources.
Pensez que la version précédente était finalisée depuis plus de dix ans ! La patience de nous autres concepteurs web avait atteint ses limites ; elle se voit enfin récompensée. De grands sites tels que Google, Yahoo!, Twitter, Myspace, Kelkoo, Youtube ou encore Dailymotion intègrent d’ores et déjà une multitude d’applications stables de HTML 5, mais les grands bénéficiaires en sont bien sûr les sites web pour périphériques mobiles qui peuvent déjà exploiter nativement des fonctionnalités telles que l’adaptation automatique des designs aux différentes tailles d’écran.
HTML a bien mûri. La version 5 s’annonce comme une ressource exaltante qui exploitera véritablement les possibilités technologiques contemporaines. Cela inclut la puissance des connexions internet, les périphériques mobiles (smartphones et tablettes) ainsi que le multimédia. Il était temps. Et il est l’heure à présent de révolutionner nos habitudes d’internautes et de concepteurs de sites web.
Cette révolution n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle opérée dans mon domaine de prédilection, celui des feuilles de styles CSS, autre univers en refonte depuis la version CSS 3. En tant que designer web et pour avoir rédigé quelques ouvrages sur les feuilles de style CSS, je peux comprendre et partager l’enthousiasme de Rodolphe ainsi que celui de la communauté de développeurs en pleine ébullition.
Si la symbiose entre HTML et CSS semblait parfaite sur le papier – l’un s’attachant à structurer l’information (balises, sémantique), l’autre à lui donner forme (esthétique, positionnements) – je ne vous apprendrai pas que les deux ont longtemps été mal imbriqués : l’on côtoyait fréquemment les styles de mise en forme au cœur des éléments et balises HTML, bien que ce ne fût pas leur place attitrée et que cela nuisît à l’accessibilité et à la compatibilité des documents produits.
À l’ère de HTML 5 et CSS 3, le couple accède à une nouvelle dimension et de nouveaux pouvoirs. Les interactions entre les deux langages n’ont jamais été aussi puissantes : séparation fond-forme renforcée grâce à une pluralité de nouvelles balises sémantiques (<header>, <footer>, <article>, <section>, etc.), gestion des médias et périphériques mobiles, prise en charge démultipliée des formulaires (via la notion de formulaire valide, invalide, incomplet), etc.
Cette imbrication va au-delà d’une simple association de langages, une véritable philosophie de conception s’en dégage : par « HTML 5 », on entend désormais « HTML 5 combiné à CSS 3 et JavaScript ». Une avancée considérable pour le Web qui comble enfin de façon extraordinaire les attentes des designers et intégrateurs CSS.
Même le dernier retardataire, Microsoft, suit le mouvement avec entrain voire zèle – fait d’autant plus notable qu’il n’était pas coutumier du fait. En témoignent les premières moutures de Windows 8 et d’Internet Explorer 10, que nous avons pu voir en avant-première.
Le mouvement est en marche, la révolution ne fait que commencer…
Mais revenons à ce livre. HTML 5 se compose en pratique des langages HTML + CSS + JavaScript, autant de domaines dans lesquels l’auteur excelle.
Tout d’abord, cet ouvrage approche l’exhaustivité, compte-tenu des spécifications en cours d’évolution. Méticuleux, Rodolphe n’a pu se restreindre à moins de 600 pages de contenus, codes et illustrations. L’annexe en ligne sur l’accessibilité, notamment, mériterait d’être lue par tout professionnel du Web.
Ensuite, il ne contient pas d’approximation, et l’auteur ne prend aucune liberté avec les standards. Chaque partie est testée, moult fois vérifiée et validée avant de figurer dans l’ouvrage.
Enfin, il est agréable à lire, parsemé d’un humour que l’on pourrait qualifier de « à la Rodolphe » ™ et qu’il manie avec beaucoup de justesse.
Ce qui m’amène à dire un mot de l’auteur : Rodolphe Rimelé manie avec désinvolture les logiciels de graphisme et d’image, les animations Flash, il connaît les arcanes de langages tels que jQuery, Ajax, PHP, MySQL, l’administration de serveurs web et maîtrise encore bien d’autres jargons informatiques. Son curriculum vitae déborde allègrement de références en webdesign et développement, et se distingue par la publication d’un DVD d’apprentissage sur jQuery, du fameux lecteur Flash estampillé « Dewplayer » et d’un mémento sur MySQL précédemment publié chez Eyrolles. Ce portrait ne serait pas complet sans évoquer ses évidentes qualités de photographe amateur et d’humoriste tourmenté via son carnet personnel blup.fr. Tant de perfection et de diversité à la fois suscitent l’envie pour le commun des mortels que je suis. Dès que Rodolphe touche un clavier d’ordinateur, il semble que tout lui réussit, infailliblement, et à merveille. Et le voilà à présent qui s’attaque à HTML 5 !
Je suis sûr que vous trouverez bien d’autres qualités à son livre.
Bonne lecture.






