Le syndrome « Omar m’a tuer »

Très peu de gens se souviennent vraiment de l’affaire Omar Raddad, mais il n’empêche que l’expression “Omar m’a tuer” fait dorénavant partie de notre patrimoine culturel et qu’elle est servie à toutes les sauces.

Tant bien qu’on se demande parfois même si la bonne orthographe est “tuer” ou “tué” (je vous rassure, c’est bien “tué”… et même “tuée”).

Et je ne sais pas si c’est moi, mon vieil âge ou mon manque d’ouverture d’esprit, mais j’ai un mal fou à accepter certaines dérives de langage que l’on observe au quotidien.

Je préviens quand même que je ne suis pas un champion de l’orthographe, mais j’essaye de faire un minimum d’effort ne serait-ce que par respect envers la personne qui va tenter de déchiffrer ma prose.

Voici quelques exemples qui ont le don de m’irriter…

Hier j’ai manger une pomme

Le fameux participe passé des verbes du premier groupe est  – si mes souvenirs sont bons – dans le programme scolaire des classes de CM1 ou CM2.

Pourtant, il est courant de rencontrer des “j’ai manger”, des “j’ai jouer au foot” ou autres “j’ai matter un match de foot”.

C’est si compliqué que ça de conjuguer un minimum les verbes et d’écrire ”j’ai mangé”, “j’ai joué au foot” et “j’ai matté un match de foot” ?

On dirait que oui…

Attention, parce qu’il y a une (mini) feinte selon la construction de la phrase. Ainsi il est juste d’écrire ”j’ai commencé à manger” (pas “mangé”), ”j’ai envie de jouer” (pas “joué”), ”je n’ai pas le temps de matter un match de foot” (pas “matté”).

Si vous n’êtes pas sûr de votre coup, il y a un moyen simple de s’en souvenir : essayer de remplacer par un verbe d’un autre groupe, comme “finir”.

Par exemple :

  • « j’ai finir » ne sonne pas très bien, donc c’est un participe passé et on écrit « j’ai mangé » et pas « j’ai manger »,
  • « j’ai envie de finir » sonne bien, ce n’est donc pas un participe passé et on écrit « j’ai envie de manger » et pas « j’ai envie de mangé ».

Aller, c’est parti !

Autre hérésie courante : non, on n’écrit pas « aller les bleus », “bon, aller j’y vais”, ou “aller hop, c’est l’heure de matter mon match de foot”, mais bel et bien “allez les bleus”, ”bon, allez j’y vais” ou “allez hop”.

Là aussi, on se trompe de temps de conjugaison et il s’agit d’un impératif. On dit bien “Allez !”, “Allons !”, “Vas-y !”, “Partons !”, etc.

Il fait beau hors il y a de la pluie

La confusion entre ”or” (conjonction de coordination) et “hors” (adverbe de lieu, qui est un équivalent de “dehors”) est de plus en plus fréquente.

Il est courant de rencontrer ce genre d’expression dans les forums de discussion web : ”Hors, moi je pense que…”, “Hors ce n’est pas du tout le cas…”, “Hors bla bla bla…”.

Or (hé hé), dans chacun de ces exemples, il s’agit bien d’employer le mot “or” et non pas “hors” puisqu’il n’y a pas de notion de lieu dans la phrase.

N’hésites pas à venir

La nouvelle mode est de rajouter des “s” à tous les verbes dès lors qu’on s’adresse à quelqu’un en se rappelant vaguement que le “tu” est généralement accompagné d’un “s” (un peu comme “AlsacréationS”).

Sauf qu’il n’y a quasiment jamais de “s” à l’impératif et que l’on n’écrit pas “N’hésites pas” mais bien “N’hésite pas”, ou encore “Mange ta soupe” ou “Regarde le beau but”.

Ouais, je viens comme même  !

Le plus beau pour la fin : écrire “comme même” (qui ne veut strictement rien dire) en lieu et place de “quand même”. Je n’ai même pas d’explication à ce phénomène paranormal.

Bon, je m’arrête là sinon on va encore me dire que je suis un vieux aigri… et j’espère que je n’ai pas fait trop de fautes 🙂